Presentación diccionario Arenas




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Arenas

Vocabulario Manual

Pedro de Arenas

1611

 

 

 

saisie : Danièle Babout

mise en forme : Sybille de Pury (CELIA, CNRS) et Marc Thouvenot

programmation : Marc Thouvenot (CELIA, CNRS)

 

Introduction

Sybille de Pury

 

Les données ont été extraites du facsimile de l'édition originale :

Pedro de Arenas, Vocabulario manual de las Lenguas Castellanas y Mexicanas. En que se contienen las palabras, preguntas y respuestas más comunes y ordinarias que se suelen ofrecer en el trato y comunicación entre españoles e indios. En México, en la impresa de Henrico Martínez, 1611. Edición facsimilar, con un estudio introductorio de Ascesión H. de León-Portilla, Universidad Nacional Autónoma de México, 1982.

Le Vocabulario manual a connu un large succès, ce que montrent ses onze rééditions, dont la dernière date de 1885, et une traduction en français en 1862.

Ce petit livre de 160 pages ne peut pas être considéré comme un dictionnaire, encore qu'il comporte des listes de mots. Il s'agit en fait d'un manuel de conversation, très semblable aux manuels modernes qui s'adressent à un public de touristes voyageant dans un pays étranger. L'auteur déclare dans son Prologo al prudente lector : Tratando yo un poco de tiempo con los Naturales deste Reyno, passé grande trabajo, assí por los caminos, como en sus pueblos, por no entenderlos, ni en ellos entenderme.

Aucun témoignage ne nous est parvenu sur les origines de l'auteur, ni sur sa vie. Nous en sommes donc réduits à des supputations. Le style de l'ouvrage et la faible place réservée aux choses religieuses montre que Pedro de Arenas n'était pas un missionnaire. On pense plutôt à un commerçant. Il se définit dans son prologue comme un homme parlant le romance et non le latin :

procuré valerme del Vocabulario grande que anda impresso, de las lenguas Castellana, y Mexicana [de Molina], mas no lo hallé acomodado à aquello que ha de menester saber un hombre romancista, que no pretende mas elegancia de poder hablar con los Indios, y entenderlos.

Pour la présentation de l'homme et de l'ouvrage, nous renvoyons à l'introduction de l'édition facsimile faite par Ascención de León-Portilla.

L'énigme de la partie Mexicano-castellano

Un point reste obscur, qui n'est pas traité par A. de León-Portilla. Le Vocabulario manual est composé de deux parties. La première, Castellano-mexicano, est, selon toute probabilité, le point de départ du travail d'Arenas. Celui-ci aurait relevé en castellano les phrases qu'il jugeait nécessaires à une communication minimale avec les Indiens et il aurait demandé à un traducteur de les traduire en nahuatl. La seconde partie, Mexicano-castellano, n'aurait été réalisée que dans un deuxième temps. Alors que la première partie avait pour but de permettre à un Espagnol de s'exprimer en mexicano et d'être alors compris par ses interlocuteurs indiens (en ellos entenderme), le but de la seconde partie était de remédier au fait que les Espagnols ne comprenait pas ce que leur disaient les Indiens (por no entenderlos) Si l'une visait à faciliter l'expression dans la langue, et l'autre, sa compréhension, aucune des deux parties ne s'adressaient aux Indiens, elles s'adressaient aux hispanophones.

Pour réaliser la partie Mexicano-castellano, suffisait-il d'inverser la première partie de l'ouvrage ?  Tel a dû être l'idée de Pedro de Arenas, puisque c'est ce qui est réalisé dans la deuxième moitié de la deuxième partie. Pourtant, et c'est là l'énigme, la première moitié ne se soumet pas à cette consigne : les intitulés des chapitres et les phrases des deux parties ne se correspondent pas, loin de là :

  • les thématiques traitées dans les premiers chapitres (que j'ai numérotés 1 à 12 dans le tableau donné plus bas) ne se correspondent de partie Castellano-mexicano à partie Mexicano-castellano que de façon approximative, les intitulés sont différents et les phrases ne sont pas les mêmes.
  • au chapitre que j'ai numéroté 13, la thématique est identique mais les intitulés diffèrent légèrement (Nombres de contar vs Modos de numerar) et  les noms de nombres ne sont pas les mêmes,.
    • dans la partie Castellano-mexicano c'est toute la combinatoire du système de numération cardinale qui est présentée : ½, 1, 1 ½, puis de 2 à 40, 50, 60, 70, 80, 90, 100, 150, 200, 250, puis les centaines de 300 à 1000 et les milliers jusqu'à 10.000.
    • dans la partie Mexicano-castellano on ne trouve que les noms de nombres de 1 à 10, et sous une forme ordinale (una vez, dos veces...)
  • à partir du chapitre 14, les intitulés des deux parties sont absolument identiques et les phrases strictement inversées.
  • le travail d'inversion a été abandonné dans les derniers chapitres de la partie Mexicano-castellano.

Que s'est-il passé ? Faute de témoignages, nous en sommes réduits à des hypothèses. De l'informateur nahuatl de Pedro de Arenas, nous ne savons rien. En m'appuyant sur l'analyse du texte, je ferai l'hypothèse que cet homme était un traducteur officiel, de ceux qu'on appelait à l'époque un lengua. Il est clair que lui-même et Pedro de Arenas ne se sont pas compris quand il a été décidé de faire la partie Mexicano-castellano. A supposer que la demande de Arenas ait été d'inverser les énoncés et leurs traductions, cette demande avait peu de sens pour un traducteur : il suffisait, en effet, de demander à un scribe de réaliser ce travail et, à la limite Pedro de Arenas, aurait parfaitement pu le faire lui-même. Le traducteur a entendu "autre chose", et cela jusqu'au moment où Arenas l'arrêta et demanda que soit désormais réalisée une inversion exacte des énoncés et de leur traduction.

A quelle tâche notre supposé traducteur a-t-il cru qu'on le conviait ? Il aurait réagi à partir de son expérience quotidienne, celle d'un lengua. Il aurait compris qu'on lui demandait de fournir des traductions du nahuatl en castellano, sous forme écrite. Mais la traduction de quoi ? Il aurait cru qu'il lui fallait relever des exemples des situations pour lesquelles on faisait appel à ses services et des énoncés les plus courants prononcés dans ce cas, lo que comunmente se suele dezir..., comme il le dit lui-même dans ses intitulés de chapitres. Telle est l'hypothèse qui va nous guider dans la lecture de la partie Mexicano-castellano.

Le traducteur suit son modèle, qui est la partie Castellano-mexicano déjà réalisée. Dans celle-ci, chaque chapitre possède un titre qui présente une situation de communication ou une thématique particulières : "Palabras de salutacion", pour le premier chapitre, "Lo que se suele dezir y preguntar a los enfermos", pour le second, etc. Dans la partie Mexicano-castellano, le traducteur réenvisage des situations similaires et les précise afin qu'elles correspondent plus exactement à son expérience, c'est à dire aux situations où il est fait appel aux lenguas.

Prenons, par exemple, le premier chapitre de chacune des deux parties. Sous le titre "Palabras de salutacion" Arenas nous propose quelques saluts, très neutres quant à la situation d'interlocution, au statut social et à l'origine des interlocuteurs, et tous liés à l'expression de la foi chrétienne. Ces salutations ne permettent pas de saisir qui s'adresse à qui. Si nous nous déplaçons dans la partie Mexicano-castellano, la situation de communication est formulée plus clairement, elle est restreinte à un seul cas : "Palabras que comunmente se suelen dezir a vn moço, quando acude de mala gana a lo que le dizen o mandan".Les énoncés proposés sont ceux d'un Espagnol qui parle à un Indien, mais formulé en nahuatl, c'est à dire dans la bouche du traducteur. Il n'y a aucune forme de salutation. Les énoncés vont droit au but  : ¿no tienes gana de servirme? ¿no tienes gana de trabajar? Puis on passe des questions aux accusations : no eres bueno para nada.

 

Partie Castellano-mexicano

Partie Mexicano-castellano

Palabras de salutacion.

Dios sea en esta casa

Dios sea con todos

Dios sea contigo

enora buena esteis

[¿]como te và[ ?]

mucho ha que no te è visto

tienes salud

mucho me huelgo desso

me pessa desso

y tu fulano

[¿]como estas [ ?]

mucho holgado de verte bueno

[mucho holgado de verte] sano

[mucho holgado de verte] con salud

mucho me pesa de tu mal

quedad con Dios

Dios te guarde de todo mal

Dios te depare lo que te conviene para su servicio

Palabras que comunmente se suelen dezir a vn moço, quando acude de mala gana a lo que le dizen o mandan.

[¿]Que tiene fulano?

pareceme que estays descontento

[pareceme que estays] triste

[pareceme que estays] enojado

[¿]que te falta[ ¿]

[¿]que has menester ¿

[¿]porque no lo dizes?

[¿]porque no lo pides?

[¿]no tienes gana de servirme[ ¿]

[¿][no tienes gana] de trabajar[ ¿]

[¿][no tienes gana] de hazer esto[ ¿]

dezildo

yo te pagarè lo que te devo

[¿]quieres irte a tu casa[ ¿]

[¿][quieres irte] a tu tierra[ ¿]

pagame lo que me deves

[pagame] lo que te he dado

hagamos cuenta

[¿]no te acuerdas lo que te he dado[ ¿]

no sabes quanto ha que me has servido

tanto ha que has servido

yo te devo

tu me deves

no te devo

no me deves

[¿]estas enfermo?

[¿]estás malo ¿

[¿]quieres curarte ¿

yo te curaré

no trabajes

no salgas por tu vida

que busques otro que me sirva

[que busques otro] que sea fiel

[que busques otro] que no sea vellaco

[que busques otro que no sea] borracho

[que busques otro que no sea] floxo

[que busques otro] que sirva bien

yo le pagaré muy bien su trabajo

[¿]porque te vas ¿

[¿]que te he hecho ¿

[¿]que te han hecho en mi casa[ ¿]

[¿]no te pago bien ¿

[¿]no comes bien ¿

[¿]trabajas mucho ¿

[¿]que quieres ¿

[¿]que has menester ¿

[¿]que te falta ¿

[¿]quien te maltrata ¿

no tienes razon

no dizes verdad

[¿]adonde vas ¿

[¿]con quien te vas ¿

[¿]quando quieres yrte ¿

vete enorabuena

sirves mal

no te he menester

no tienes cuydado

no cuydas nada

no sabes trabajar

no quieres trabajar

eres floxo

eres desdichado

no te comides de hazer alguna cosa si no te lo mandan

te emborrachas

acudes mal

eres mal mandado

no mereces lo que comes

[no mereces] lo que ganas

no eres bueno para nada

[no eres bueno] para ninguna cosa

       

Les deux chapitres suivants de la partie Castellano-mexicano offrent, pour le premier, des énoncés qui s'adressent à un malade (Lo que se suele dezir, y preguntar a los enfermos) et, pour le second, des paroles de consolation lors d'un deuil (Lo que se suele dezir consolando a alguna persona) Dans la partie Mexicano-castellano, la maladie n'est pas prise en considération, seule est évoquée la mort : ¿Por quien doblan?

Au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture, la mise en correspondance des deux parties se fait plus difficile. J'ai tenté de la reconstituer dans le tableau présenté à la suite. La numérotation suit l'ordre de la première partie. Il semble que le traducteur a parfois sauté les chapitres qui lui semblaient difficiles à rédiger et qu'il y revient par la suite. C'est le cas pour les chapitres numérotés de 11. 1 à 11.8. Le traducteur aurait d'abord rédigé le chapitre 12 qui présentait une situation de communication précise[1], puis il serait revenu aux chapitres précédents et les auraient développés à sa manière à la suite.

 

 

Castellano-mexicano

Mexicano-castellano

1

Palabras de salutacion.

Palabras que comunmente se suelen dezir a vn moço, quando acude de mala gana a lo que loque le dizen o mandan.

 

2.1

Lo que se suele dezir, y preguntar a los enfermos.

 

2.2

Lo que se suele dezir consolando a alguna persona.

Lo que comunmente se suele preguntar, y dezir en razon de diffuntos, y de entierros.

 

3.1

Preguntas que se suelen hazer buscando alguna persona en su casa.

Lo que comunmente se suele preguntar, y dezir, razon de conocer vna persona y saber donde esta.

3.2

Quando se va a casa de vn Indio en busca suya.

Palabras que se suelen dezir en razon de amistad.

3.3

 

Palabras que comunmente se suelen dezir acerca de enemistad.

 

4

Palabras que se suelen dezir preguntando por alguna cosa perdida.

Palabras que comunmente se suelen dezir en razon de conceder a alguno lo que dize o pide dado, o emprestado.

 

5.1

Pregunta que se suelen hazer del estado y temporales de algun lugar.

 

5.2

Palabras que comunmente se suelen dezir preguntando por alguna persona ausente.

 

 

6.1

Palabras que se suelen dezir, preguntando a vna persona por diuersas cosas, y a el en particular por las suyas y si quiere seruir.

Las palabras mas comunes que suelen responder a qualquier pregunta.

6.2

Las palabras que se suelen dezir a los Indios que trabajan en minas, y labores de campo.

Palabras que comunment se suelen dezir en razon de assegurar a alguno de algunas cosa de que se teme.

 

7

Lo que se suele dezir a vn moço quando lo embian por comida a la plaça.

A vno que rehuye o ha miedo de llegarse a vn caballo, o mula.

 

8

Palabras que comunmête suele dezir el amo al moço quando le dexa en guardia de la casa.

Palabras que comunmente se suelen dezir admirandole de alguna cosa.

 

9.1

Palabras que comunmente se dizen a vn moço quando le encargan alguna ropa para que la guarde y la ponga en orden.

Lo que comunmente se suele repetir quando le pide ayuda personal a alguna persona presente o al proprio moço.

9.2

Palabras que se suelen dezir al moço para cargar, componer o armar alguna cosa.

Lo que comunmente se suele dezir en razon de ser vna cosa chica, o grande, corta, o larga angosta o acomodada.

9.A

Nombres de ajuar de casa.

 

9.B

Lugares dentro de casa.

 

9.C

Nombres de lugares dentro de la Ciudad, o pueblo.

 

9.3

Cosas que se suelen mandar hazer a vn tapixque quando trabaxa en casa.

 

9.4

Palabras que se suelen dezir alabando a alguno de que sirue, o haze bien su officio.

 

9.5

Palabras comunes de vituperio.

 

 

10.A

Nombres de cosas para escriuir.

 

10.B

Recaudo para coser.

 

10.C

Nombres de diuersas colores.

 

10.C

Nombres de las partes del cuerpo humano.

 

 

11.1

Lo que comunmente suelen dezir los amos a los moços quando quieren caminar y cargar las mulas.

Palabras que comunmente se suelen dezir, pidiendo vna persona perdon a otra de algun perro o descuydo.

11.2

Cosas que se offrecen preguntar a alguno que se encuentra en el camino caminando.

Lo que se suele dezir  a vn moço, quando le embian por algo, y se tarda.

11.3.a

Preguntas que se suelen hazer a vn viandante.

 

11.4.a

Cosas que comunmente se suelen preguntar y pedir despues de llegado a algun pueblo.

 

11.5.a

Palabras que comunmente se dizen en razon del tiempo.

 

11.6

Nombres de cosas del campo.

 

 

12

Palabras que se suelen dezir, comprando, o vendiendo mercaderias.

Palabras que comunmente se suelen dezir, en razon de estimar, o menospreciar alguna cosa.

 

11.3.b

 

Palabras con que se suelen declarar los defectos o bondades de vn cauallo.

11.7

 

Palabras que comunmente se suelen dezir nombrando diuersas cosas.

11.4.b

 

Lo que comunmente se suele dezir despidiendose vna persona de otra.

11.5.b

 

Las palabras mas comunes, y ordinarias, que se suelen dezir en diversas cosas.

11.5.c

 

Lo que se suele dezir, platicando vna persona con otra.

11.7

 

Diuersas palabras que se suelen offrecer, nôbrando, preguntando, o haziendo algunas cosas.

11.8

 

Nombres de diuersos generos de cosas.

         

 

13

Nombres de contar. 

Modos de numerar. 

 

14

Palabras comunes que se suelen dezir para aueriguar cuya es alguna cosa. 

Palabras que comunmente se suelen dezir para aueriguar cuya es alguna cosa.

 

Palabras comunes para disculparse de alguna acusacion. 

Lo que comunmente se suele dezir para disculparse de alguna acusacion.

 

15

Nombres de la gente que habita, y sirue en vna casa.

Nombres de la gente que habita, y sirue en vna casa.

 

Nombres de parentela.

Nombre de parentela.

 

etc.

 

 

Le traducteur n'aurait donc pas répondu à la demande de Pedro de Arenas qui était de fournir des énoncés en nahuatl, avec leur traduction espagnole, de façon à ce qu'un Espagnol puisse comprendre ce que lui disaient les Indiens. Le traducteur aurait finalement refait le travail de Arenas, mais à partir de sa propre expérience de lengua.

orthographe

Pour l'orthographe, nous renvoyons à l'introduction de A. de León-Portilla qui en donne une analyse précise, notamment en ce qui concerne l'accentuation.

L'intégration du Vocabulario manual dans le G.D.N. nous a conduit à appliquer des règles (automatiques) de normalisation, comme ce fut le cas pour tous les autres dictionnaires. On notera que, pour cet ouvrage, les règles ont été peu nombreuses, ce qui est le signe d'une orthographe relativement bien stabilisée si on la compare à celle des autres auteurs de l'époque. La cohérence orthographique de l'ouvrage est rarement mise en défaut, si ce n'est sur un point : il arrive parfois  que le traducteur transcrive par <qui> ou <que> les sons [kwi] ou [kwe] qu'il transcrit ailleurs <cui> ou <cue>. Ce détail sera pour nous comme une signature puisqu'il est présent tout au long de l'ouvrage :  il permet peut-être de dire que le Vocabulario manual est, dans sa formulation nahuatl, l'œuvre d'une seule et même personne.

Les auteurs, à savoir Pedro de Arenas et son traducteur, ont donc porté une attention particulière à la cohérence orthographique. Le système a dû être choisi après mure réflexion et discussion. On voit, en effet, qu'à partir de la page 74, les pronoms [nehwatl] [tehwatl]…, auparavant écrits <nehuatl>, <tehuatl>…, sont désormais écrits <nehhuatl>, <tehhuatl>… à quelques rares oublis près, et ceci, dans la deuxième partie aussi. Cette correction montre que le choix de transcrire par <h> le saltillo, que Molina avait décidé de ne pas transcrire,  n'a pas été laissé au hasard, tout comme celui de transcrire par <hu> la semi-consonne [w] précédant une voyelle.

variante du Centre

Le Vocabulario manual est écrit dans une des variantes du Centre du 17ème siècle. Il n'y a, au niveau du lexique, aucun terme nouveau par rapport à l'ensemble du corpus du G.D.N. Au niveau morphologique, aucune innovation n'a été repérée. Au niveau phonologique, on remarque quelques traits dialectaux :

    • la prononciation aspirée du saltillo.
    • un <ye> initial à la place de <e> (<yelpantli>, <yei>, <yéel[li]>, <yeltepachtli>), sauf pour le mot <etl> "frijol".
    • la transcription <chie> et <pie> des verbes <chia> "aguardar" (/chiya/) et <pia> "tener, guardar" (/piya/)

Intégration des données au G.D.N.

Mise en forme

L'intégration dans le G.D.N. des données du Vocabulario manual de Pedro de Arenas a demandé un traitement spécial, puisque nous avons là une liste d'énoncés qu'il a fallu transformer en données lexicographiques.

La politique générale a été de conserver, autant que faire se pouvait, les expressions de l'auteur. Ainsi :

  • les verbes composés avec un auxiliaire sont présentés tels quels (cualantinemi, ni, estar descontento ; chihuaznequi, nic, querer hacer…)
  • certains préfixes, d'usage fréquent, sont conservés sur le verbe (hualaci, hualana, hualcuepa…)
  • certaines locutions composées sont conservées, tout en étant redonnées dans une autre entrée sous la forme d'un seul mot (itechcopa itoa, nic // itechcopa // itoa, nic) Ce choix a été fait dans les cas où la locution possède une traduction (itechcopa itoa, nic "levantar testimonio") qui ne se résume pas à l'addition des termes qui la composent.
  • une suite de particules peut apparaître en entrée principale (ma ixquich, ma oc ayamo, ma yuh ye, ma zan nican ye), mais chacune des particules qui la compose fait alors aussi l'objet d'une autre entrée (ma // ixquich)

Aux particules n'est souvent associée aucune traduction. Celle-ci ne peut que se déduire de l'énoncé entier.

Certains mots reçoivent des traductions différentes. Celles-ci sont classées par ordre de fréquence d'emploi, la traduction la plus fréquente venant en premier.

découpage des mots

Le découpage des mots était instable au début du 17ème  siècle. 

  • Nous avons rétabli les espaces manquant, moyennant un parenthésage (qualli in[ ]tiquihtohuá…)
  • Il nous est arrivé de conserver une suite de mots non découpée dans le Vocabulario, puis d'opérer un découpage plus précis :

o        iuhquimma, como si es

o        iuhquim ma, como si es

o        iuhquin : "desta manera", como

o        ma

  • Nous avons conservé en entrée principale des expressions composées de plusieurs mots, comme par exemple :
    • huel mahuiztic : honrado
    • huel qualli tlacatl : hombre de bien
    • huel itech cahua : fiarse en
  • Les découpages abusifs ont été supprimés de la forme normalisée (ainsi : <tentzon conetl> est normalisé en |tentzonconetl|)
  • Pour les expressions où l'auteur a hésité entre découper, ou non, les mots, nous avons gardé les deux formulations. On trouve ainsi |ahmo cualli| et |amocualli| en entrée principale.

Le travail de mise en forme

  • Substantifs
    • Les substantifs ont été introduits sous leur forme absolue, au singulier.  On a gardé le pluriel quand le substantif désignait un groupe d'individus (par exemple : tlapahqué, tintoreros ; huilococone : palominos...) Les pluriels en –me  ont été conservés (acueyome, ilhuicame...) Les pluriels transcrit <tí> ont été rétablis en –tin, moyennant un parenthésage (tlàcotí[n], esclavos)
    • Les possessifs de 1ère, 2ème et 3ème perseonne, du singulier ou du pluriel (avec ou sans honorifique) ont été transformés en formes absolues, moyennant un parenthésage (|pil[li]| et |piltzin[tli]| sont les formes normalisées qui renvoient aux énoncés <ó nopilhuane> "¡ea, hijos!"  et < <nopiltziné> "[perdonadme] ¡hijo!") Par contre, le substantifs qui sont préfixés à la forme possessive par l'indéfini te- ont été conservés sous cette forme (|tetlahtzin| "tío" = / te-tlahtzin /)
    • Les suffixes locatifs qui sont obligatoirement précédés d'un possessif ont été introduits avec le préfixe possessif de 3ème personne du singulier (<notechcopa> à |itechcopa|) sauf lorsque l'auteur en avait fourni le paradigme complet (|noaxca|, |taxca|, |amaxca|…)

Le Vocabulario manual nous donne de nombreux exemples du caractère omniprédicatif du nahuatl. Les substantifs qui sont pourvus du préfixe sujet ont été introduits dans le G.D.N. suivis du préfixe, sur le même modèle que les verbes. Ainsi :

o        iztlacatl, n : mentir

o        nontli, ni : ser mudo

·         les verbes

    • ont été introduits sous la forme du présent, moyennant un parenthésage dans les cas où il y a apocope de la voyelle finale. Ainsi, |ilhui[a], nic| renvoie à l'énoncé intla nechtemoquihui xiquilhui ca[ ]oc[ ]onia in nepa ahnoço nechca  "si viniere[n] a buscarme dezilde que fuy a tal, ó tal parte".
    • sont suivis de leurs préfixes actanciels (nic, nino, nitla, nite)
      • Lorsque dans l'énoncé l'objet est marqué par un préfixe défini humain, la normalisation se fait en |nite|. Ainsi |ilhuia, nite| est la forme normaliséde de ahmo neltiliztli nechilhuia "no me dizen verdad".
      • Dans les cas où la forme réfléchie introduit obligatoirement un sujet de 3ème personne, le préfixe reste tel quel. Ainsi |monequi| n'a pas été analysé en |nequi, nino| lorsqu'il apparaît dans un énoncé comme tlein motech[ ]monequi "[¿]que has menester ?".

traductions

  • Les entrées en nahuatl sont suivies de leur traduction en espagnol moderne
    • les verbes sont donnés à l'infinitif
    • les pluriels donnés en traduction d'un substantif nahuatl au singulier ont été conservés (caxitl "escudillas" ; cocoliztli "enfermedades"...)
  • Les particules, qui ne sont souvent pas traduites dans l'énoncé, ont été introduites en entrée principale sans traduction. Ce sont les contextes où ils apparaissent  qui permettent d'avoir accès à leur sens.
  • Dans les cas où la traduction n'est pas littérale, surtout si elle ne correspond pas à la catégorie du mot donné en entrée, nous avons rétabli la traduction littérale, entre guillemets, et l'avons fait suivre de sa traduction littéraire. Par exemple :
    •  |patiuh[tli]| = "precio", cuesta, vale (|patiuh[tli]| est la forme normalisée de <ipatiuh> (quezqui ipatiuh in cenquahuácalli tlaolli "[¿]quãto vale una fanega de mays[ ?]")
    • la forme |pactica, ni| est donnée avec deux traductions différentes selon qu'elle apparaît dans le cadre d'une locution ou selon que nous l'avons découpée :

§         |yeachi pactica, ni| = estar mejor

§         |pactica, ni| : "estar bien"

références bibliographiques

Arenas, Pedro de, Vocabulario manual de las Lenguas Castellanas y Mexicanas. En que se contienen las palabras, preguntas y respuestas más comunes y ordinarias que se suelen ofrecer en el trato y comunicación entre españoles e indios. En México, en la impresa de Henrico Martínez, 1611. Edición facsimilar, con un estudio introductorio de Ascesión H. de León-Portilla, Universidad Nacional Autónoma de México, 1982.

Arenas, Pedro, Guide de la conveersation en trois langues Français, Espagnol et Mexicain, traduction de Charles Romey, Paris, Maisonneuve et Cie, 1862, 72 p.

 

 

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Arenas

Vocabulario Manual

Pedro de Arenas

1611

 

registro de datos: Danièle Babout

configuración: Sybille de Pury (CELIA, CNRS) et Marc Thouvenot

programación: Marc Thouvenot (CELIA, CNRS)

 

Introducción

Sybille de Pury

Traducción: Lilia Morales Ocampo

 

Los datos se obtuvieron de la edición facsimilar:

Pedro de Arenas, Vocabulario manual de las Lenguas Castellanas y Mexicanas. En que se contienen las palabras, preguntas y respuestas más comunes y ordinarias que se suelen ofrecer en el trato y comunicación entre españoles e indios. En México, en la imprenta de Henrico Martínez, 1611. Edición facsimilar, con un estudio introductorio de Ascesión H. de León-Portilla, Universidad Nacional Autónoma de México, 1982.

El Vocabulario manual ha conocido un amplio éxito, que se ve a través de las once reediciones, de las cuales la última data de 1885, y una traducción en francés de1862.

Este pequeño libro de 160 páginas no puede considerársele un diccionario, aunque contenga listas de palabras. En realidad se trata de un manual de conversación, muy parecido a los manuales modernos destinados a turistas que viajan a un país extranjero. El autor declara en su Prologo al prudente lector: Tratando yo un poco de tiempo con los Naturales deste Reyno, passé grande trabajo, assí por los caminos, como en sus pueblos, por no entenderlos, ni en ellos entenderme.

No hemos obtenido ningún testimonio sobre el origen del autor, ni sobre su vida. Por lo cual nos vemos limitados a suputaciones. El estilo de la obra y el lugar tan reducido reservado a las cosas religiosas muestran que Pedro de Arenas no era misionario. Se piensa más bien que era comerciante. En su prólogo él mismo se define como un hombre de habla romance y no latín:

procuré valerme del Vocabulario grande que anda impresso, de las lenguas Castellana, y Mexicana [de Molina], mas no lo hallé acomodado à aquello que ha de menester saber un hombre romancista, que no pretende mas elegancia de poder hablar con los Indios, y entenderlos.

En lo que concierne la presentación del hombre y de su obra, véase la introducción de la edición facsímile realizada por Ascensión de León-Portilla.

El enigma de la parte Mexicano-castellano

Un punto queda sin aclarar, que A. de León-Portilla no aborda. El Vocabulario manual está compuesto de dos partes. La primera, Castellano-mexicano, es probablemente el punto de partida del estudio de Arenas. Este último habría recopilado en castellano las frases que le parecían  imprescindibles a una comunicación básica  con los Indios y le habría pedido a un traductor que las tradujera al náhuatl. La segunda parte, Mexicano-castellano, habría sido concebida en un segundo tiempo. Mientras que la primera parte tenía como fin permitirle a un Español expresarse en mexicano y ser por lo tanto comprendido por sus locutores indígenas (en ellos entenderme), la finalidad de la segunda parte era la de remediar al hecho que los españoles no comprendían lo que les decían los Indios (por no entenderlos) Si la primera tenía como finalidad la de facilitar la expresión en la lengua, la otra, su comprensión, ninguna de las dos partes estaba dirigida a los indios, estas se dirigen a los hispanohablantes.

¿Se necesitaba sólo invertir la primera parte de la obra para realizar la parte Mexicano-castellano?  Tal tuvo que haber sido la idea que tenía Pedro de Arenas, puesto que es lo que está hecho en la segunda mitad de la segunda parte. Sin embargo, y es el enigma, la primera mitad no se somete a tal consigna: no hay correspondencia, ni mucho menos, en los encabezados de los capítulos y en las frases de las dos partes:

  • En las temáticas abordadas en los primeros capítulos (que numeré del 1 al 12 en la lista abajo proporcionada) no hay correspondencia de la parte Castellano-mexicano a la parte Mexicano-castellano sino sólo de manera aproximada, los encabezados son diferentes y las frases no son las mismas.
  • En el capítulo que he numerado 13, la temática es idéntica en las dos partes pero los encabezados difieren levemente (Nombres de contar vs. Modos de numerar) y los nombres de números no son los mismos.
    • En el Castellano-mexicano toda la combinatoria del sistema de numeración cardinal es la que está presente: ½, 1, 1 ½, luego de 2 a 40, 50, 60, 70, 80, 90, 100, 150, 200, 250, luego las centenas de 300 a 1000 y los millares hasta 10.000.
    • En el Mexicano-castellano sólo se encuentran los nombres de los números de 1 a 10, y bajo forma ordinal (una vez, dos veces...)
  • A partir del capítulo 14, los encabezados de las dos partes son completamente idénticos y las frases están inversadas de forma estricta.
  • Se abandonó el trabajo de inversión en los últimos capítulos de la parte Mexicano-castellano.

¿Qué fue lo que sucedió? A falta de testimonios, nos tuvimos que conformar con hipótesis. Del informante náhuatl de Pedro de Arenas, no sabemos nada. Basándome en el análisis del texto, formularía la hipótesis que dicho hombre era traductor oficial, uno de aquellos que en aquella época se les llamaba  un lengua. Queda claro que este último y Pedro de Arenas no se entendieron cuando se decidió hacer la parte Mexicano-castellano. Suponiendo que la petición de Arenas haya sido la de invertir los enunciados y sus traducciones, esta petición para un traductor tenía poco sentido: de hecho, hubiera bastado con pedirle a un escriba que efectuara tal trabajo y, en último caso, Pedro de Arenas hubiera podido hacerlo él mismo. El traductor entendió "otra cosa",  hasta que Arenas lo detuvo pidiéndole que en lo sucesivo se efectuara una inversión exacta de cada enunciado y de su traducción.

¿Cuál fue la tarea que nuestro supuesto traductor creyó que se le pedía? Pudo haber reaccionado según su experiencia cotidiana, aquella de un lengua. Pudo haber comprendido que se le pedía que efectuara traducciones del náhuatl al castellano, bajo forma escrita. Pero la traducción ¿de qué? Tendría que haber creído que tenía que anotar ejemplos de situaciones en las cuales se necesitaba de sus servicios, así como los enunciados más comunes que se pronunciaban en tales casos, lo que comunmente se suele dezir..., tal y como él mismo lo dice en sus encabezados de los capítulos. Esta es la hipótesis que nos guiará en la lectura de la parte Mexicano-castellano.

El traductor sigue su modelo, que es la parte Castellano-mexicano ya efectuada. En ésta, cada capítulo posee un título que presenta una situación de comunicación o una temática específica: "Palabras de salutacion", para el primer capítulo, "Lo que se suele dezir y preguntar a los enfermos", para el segundo, etc. En la parte Mexicano-castellano, el traductor reconsidera y precisa  situaciones similares para que correspondan más exactamente con su experiencia, es decir aquellas situaciones en las que son necesarias los lenguas.

Tomemos, por ejemplo, el primer capítulo de cada una de las dos partes. Bajo el título "Palabras de salutacion" Arenas nos propone algunos saludos, bastante neutros en cuanto a la situación de la interlocución, al estatuto social y al origen de los interlocutores, y todos estos vinculados a la expresión de fe cristiana. Estas salutaciones no nos permiten comprender quien se dirige a quien. En la parte Mexicano-castellano la situación de comunicación está más claramente formulada y se ve limitada: "Palabras que comunmente se suelen dezir a vn moço, quando acude de mala gana a lo que le dizen o mandan".Los enunciados que se proponen son los de un español que se dirige a un indio, pero formulados en náhuatl, es decir, en boca de un traductor. No hay ningún modo de salutación. Los enunciados van directamente al grano: ¿no tienes gana de servirme? ¿no tienes gana de trabajar? Luego se pasan de preguntas a acusaciones: no eres bueno para nada.

 

Partie Castellano-mexicano

Partie Mexicano-castellano

Palabras de salutacion.

Dios sea en esta casa

Dios sea con todos

Dios sea contigo

enora buena esteis

[¿]como te và[ ?]

mucho ha que no te è visto

tienes salud

mucho me huelgo desso

me pessa desso

y tu fulano

[¿]como estas [ ?]

mucho holgado de verte bueno

[mucho holgado de verte] sano

[mucho holgado de verte] con salud

mucho me pesa de tu mal

quedad con Dios

Dios te guarde de todo mal

Dios te depare lo que te conviene para su servicio

Palabras que comunmente se suelen dezir a vn moço, quando acude de mala gana a lo que le dizen o mandan.

[¿]Que tiene fulano?

pareceme que estays descontento

[pareceme que estays] triste

[pareceme que estays] enojado

[¿]que te falta[ ¿]

[¿]que has menester ¿

[¿]porque no lo dizes?

[¿]porque no lo pides?

[¿]no tienes gana de servirme[ ¿]

[¿][no tienes gana] de trabajar[ ¿]

[¿][no tienes gana] de hazer esto[ ¿]

dezildo

yo te pagarè lo que te devo

[¿]quieres irte a tu casa[ ¿]

[¿][quieres irte] a tu tierra[ ¿]

pagame lo que me deves

[pagame] lo que te he dado

hagamos cuenta

[¿]no te acuerdas lo que te he dado[ ¿]

no sabes quanto ha que me has servido

tanto ha que has servido

yo te devo

tu me deves

no te devo

no me deves

[¿]estas enfermo?

[¿]estás malo ¿

[¿]quieres curarte ¿

yo te curaré

no trabajes

no salgas por tu vida

que busques otro que me sirva

[que busques otro] que sea fiel

[que busques otro] que no sea vellaco

[que busques otro que no sea] borracho

[que busques otro que no sea] floxo

[que busques otro] que sirva bien

yo le pagaré muy bien su trabajo

[¿]porque te vas ¿

[¿]que te he hecho ¿

[¿]que te han hecho en mi casa[ ¿]

[¿]no te pago bien ¿

[¿]no comes bien ¿

[¿]trabajas mucho ¿

[¿]que quieres ¿

[¿]que has menester ¿

[¿]que te falta ¿

[¿]quien te maltrata ¿

no tienes razon

no dizes verdad

[¿]adonde vas ¿

[¿]con quien te vas ¿

[¿]quando quieres yrte ¿

vete enorabuena

sirves mal

no te he menester

no tienes cuydado

no cuydas nada

no sabes trabajar

no quieres trabajar

eres floxo

eres desdichado

no te comides de hazer alguna cosa si no te lo mandan

te emborrachas

acudes mal

eres mal mandado

no mereces lo que comes

[no mereces] lo que ganas

no eres bueno para nada

[no eres bueno] para ninguna cosa

       

Los dos capítulos siguientes de la parte Castellano-mexicano ofrecen, para el primero, enunciados dirigidos a un enfermo (Lo que se suele dezir, y preguntar a los enfermos) y, para el segundo, palabras de consuelo durante un luto (Lo que se suele dezir consolando a alguna persona). En la parte Mexicano-castellano, no se tomó en cuenta la enfermedad, solamente se evoca a la muerte.

Conforme se avanza en la lectura, es cada vez más difícil hacer corresponder las dos partes. Traté de hacer esta correspondencia en el cuadro que enseguida se presenta. La numeración respeta el orden de la primera parte. Parece ser que el traductor a veces se saltaba los capítulos que le parecían difíciles de redactar y que más tarde retomaba. Este es el caso en los capítulos numerados del 11.1 à 11.8. El traductor habría redactado primero el capítulo 12, que presentaba una situación de comunicación precisa[2], antes de redactar los capítulos 11.

 

 

Castellano-mexicano

Mexicano-castellano

1

Palabras de salutacion.

Palabras que comunmente se suelen dezir a vn moço, quando acude de mala gana a lo que loque le dizen o mandan.

 

2.1

Lo que se suele dezir, y preguntar a los enfermos.

 

2.2

Lo que se suele dezir consolando a alguna persona.

Lo que comunmente se suele preguntar, y dezir en razon de diffuntos, y de entierros.

 

3.1

Preguntas que se suelen hazer buscando alguna persona en su casa.

Lo que comunmente se suele preguntar, y dezir, razon de conocer vna persona y saber donde esta.

3.2

Quando se va a casa de vn Indio en busca suya.

Palabras que se suelen dezir en razon de amistad.

3.3

 

Palabras que comunmente se suelen dezir acerca de enemistad.

 

4

Palabras que se suelen dezir preguntando por alguna cosa perdida.

Palabras que comunmente se suelen dezir en razon de conceder a alguno lo que dize o pide dado, o emprestado.

 

5.1

Pregunta que se suelen hazer del estado y temporales de algun lugar.

 

5.2

Palabras que comunmente se suelen dezir preguntando por alguna persona ausente.

 

 

6.1

Palabras que se suelen dezir, preguntando a vna persona por diuersas cosas, y a el en particular por las suyas y si quiere seruir.

Las palabras mas comunes que suelen responder a qualquier pregunta.

6.2

Las palabras que se suelen dezir a los Indios que trabajan en minas, y labores de campo.

Palabras que comunment se suelen dezir en razon de assegurar a alguno de algunas cosa de que se teme.

 

7

Lo que se suele dezir a vn moço quando lo embian por comida a la plaça.

A vno que rehuye o ha miedo de llegarse a vn caballo, o mula.

 

8

Palabras que comunmête suele dezir el amo al moço quando le dexa en guardia de la casa.

Palabras que comunmente se suelen dezir admirandole de alguna cosa.

 

9.1

Palabras que comunmente se dizen a vn moço quando le encargan alguna ropa para que la guarde y la ponga en orden.

Lo que comunmente se suele repetir quando le pide ayuda personal a alguna persona presente o al proprio moço.

9.2

Palabras que se suelen dezir al moço para cargar, componer o armar alguna cosa.

Lo que comunmente se suele dezir en razon de ser vna cosa chica, o grande, corta, o larga angosta o acomodada.

9.A

Nombres de ajuar de casa.

 

9.B

Lugares dentro de casa.

 

9.C

Nombres de lugares dentro de la Ciudad, o pueblo.

 

9.3

Cosas que se suelen mandar hazer a vn tapixque quando trabaxa en casa.

 

9.4

Palabras que se suelen dezir alabando a alguno de que sirue, o haze bien su officio.

 

9.5

Palabras comunes de vituperio.

 

 

10.A

Nombres de cosas para escriuir.

 

10.B

Recaudo para coser.

 

10.C

Nombres de diuersas colores.

 

10.C

Nombres de las partes del cuerpo humano.

 

 

11.1

Lo que comunmente suelen dezir los amos a los moços quando quieren caminar y cargar las mulas.

Palabras que comunmente se suelen dezir, pidiendo vna persona perdon a otra de algun perro o descuydo.

11.2

Cosas que se offrecen preguntar a alguno que se encuentra en el camino caminando.

Lo que se suele dezir  a vn moço, quando le embian por algo, y se tarda.

11.3.a

Preguntas que se suelen hazer a vn viandante.

 

11.4.a

Cosas que comunmente se suelen preguntar y pedir despues de llegado a algun pueblo.

 

11.5.a

Palabras que comunmente se dizen en razon del tiempo.

 

11.6

Nombres de cosas del campo.

 

 

12

Palabras que se suelen dezir, comprando, o vendiendo mercaderias.

Palabras que comunmente se suelen dezir, en razon de estimar, o menospreciar alguna cosa.

 

11.3.b

 

Palabras con que se suelen declarar los defectos o bondades de vn cauallo.

11.7

 

Palabras que comunmente se suelen dezir nombrando diuersas cosas.

11.4.b

 

Lo que comunmente se suele dezir despidiendose vna persona de otra.

11.5.b

 

Las palabras mas comunes, y ordinarias, que se suelen dezir en diversas cosas.

11.5.c

 

Lo que se suele dezir, platicando vna persona con otra.

11.7

 

Diuersas palabras que se suelen offrecer, nôbrando, preguntando, o haziendo algunas cosas.

11.8

 

Nombres de diuersos generos de cosas.

         

 

13

Nombres de contar. 

Modos de numerar. 

 

14

Palabras comunes que se suelen dezir para aueriguar cuya es alguna cosa. 

Palabras que comunmente se suelen dezir para aueriguar cuya es alguna cosa.

 

Palabras comunes para disculparse de alguna acusacion. 

Lo que comunmente se suele dezir para disculparse de alguna acusacion.

 

15

Nombres de la gente que habita, y sirue en vna casa.

Nombres de la gente que habita, y sirue en vna casa.

 

Nombres de parentela.

Nombre de parentela.

 

etc.

 

 

El traductor no efectuó entonces lo que Pedro de Arenas le pedía, que era proporcionar enunciados en náhuatl con una traducción al castellano para que un Español pudiera comprender lo que le decían los indios. El traductor hizo nuevamente el trabajo de Arenas, pero a partir de su propia experiencia de lengua.

Ortografía

En lo que concierne la ortografía, véase la introducción de A. de León-Portilla quien proporciona un análisis preciso, sobretodo en cuanto a la acentuación.

El hecho de integrar el Vocabulario manual en el  G.D.N. nos conlleva a aplicar reglas (automáticas) de normalización, así como fue el caso para todos los otros diccionarios. Para esta obra, les reglas fueron poco numerosas, signo de que se trata de una ortografía relativamente bien estabilizada si se compara a la de otros autores de la época. La coherencia ortográfica de la obra raramente hace caer en falta, sino solamente en un punto: algunas veces sucede que el traductor transcriba por <qui> o <que> los sonidos [kwi] o [kwe] y que en otras partes los transcriba por <cui> o <cue>. Este detalle para nosotros es como una especie de firma, ya que la encontramos a lo largo de toda la obra. Este nos permite decir que el Vocabulario manual es, en cuanto su formulación náhuatl, la obra de una sola y misma persona.

Los autores, es decir, Pedro de Arenas y su traductor, le pusieron una particular atención a la coherencia ortográfica. El sistema debió elegirse después de haber discutido y reflexionado detenidamente. Notamos, de hecho, que a partir de la página 74, los pronombres [nehwatl] [tehwatl]…, anteriormente escritos <nehuatl>, <tehuatl>…, están en lo sucesivo escritos <nehhuatl>, <tehhuatl>…, con alguno que otro raro olvido, y esto, en la segunda parte también. Esta corrección muestra que eligieron transcribir por <h> el saltillo que Molina había decidido no transcribir, así como eligieron  transcribir por <hu> la semiconsonante [w] que Molina transcribe <v>.

Variante del Centro

El Vocabulario manual está escrito en una de las variantes del Centro del siglo 17. No hay, a nivel del léxico, ningún término nuevo con respecto al conjunto del corpus del G.D.N. En el ámbito morfológico, no se ha encontrado ninguna innovación. Al nivel fonológico, se notan algunos rasgos dialectales:

    • La pronunciación aspirada del saltillo.
    • un <ye> inicial en vez de <e> (<yelpantli>, <yei>, <yéel[li]>, <yeltepachtli>), excepto para la palabra <etl> "frijol".
    • la transcripción <chie> y <pie> de los verbos <chia> "aguardar" (/chiya/) y <pia> "tener, guardar" (/piya/).

Integración de los datos en el G.D.N.

Configuración

Para integrar en el G.D.N. los datos del Vocabulario manual de Pedro de Arenas fue necesario efectuar un tratamiento especial, pues cada uno de la larga lista de enunciados proporcionados por Arenas se tuvo que transformar en datos lexicográficos.

La política general fue la de conservar, todas las veces que pudiera hacerse, las expresiones del autor. De esta forma:

  • Los verbos compuestos de un auxiliar se presentan tal y cual (cualantinemi, ni, estar descontento; chihuaznequi, nic, querer hacer…)
  • Ciertos prefijos, de uso frecuente, se mantienen sobre el verbo (hualaci, hualana, hualcuepa…)
  • Algunas locuciones compuestas se conservan, al mismo tiempo que se vuelven a dar bajo la forma de una sola palabra (itechcopa itoa, nic // itechcopa // itoa, nic) Esto se eligió en el caso en que la locución posea una traducción que no se resuma a la suma de los términos que la componen (itechcopa itoa, nic "levantar testimonio").
  •  Una sucesión de partículas gramaticales puede ser conservada tal y cual en una entrada del diccionario (ma ixquich, ma oc ayamo, ma yuh ye, ma zan nican ye) pero, en este caso, cada partícula aparece también aislada en otra entrada (ma // ixquich)

Cuando no se traducen las partículas gramaticales, la traducción puede deducirse del enunciado.

Ciertas palabras reciben traducciones diferentes. Estas están clasificadas por orden de frecuencia de uso. La traducción más frecuente sale primero.

El corte de las palabras

El corte de las palabras era bastante inestable a principios del siglo 17. 

  • Restablecimos los espacios que faltaban, por medio de unos corchetes (qualli in[ ]tiquihtohuá…).
  • A veces conservamos una sucesión de partículas sin cortar, y luego la repetimos cortándolas:

o        iuhquimma, como si es

o        iuhquim ma, como si es

o        iuhquin : "desta manera", como

o        ma

  • Conservamos como entrada del léxico las expresiones compuestas por varias palabras, como por ejemplo:
    • huel mahuiztic: honrado
    • huel qualli tlacatl: hombre de bien
    • huel itech cahua: fiarse en
  • Los cortes excesivos desaparecieron de la forma normalizada (así las dos palabras <tentzon conetl> están normalizadas en una sola palabra: |tentzonconetl|).
  • Para las expresiones en las que el autor dudaba entre cortar o no las palabras, conservamos las dos formulaciones, por ejemplo |ahmo cualli| y |amocualli|.

El trabajo de configuración

  • Sustantivos
    • Los sustantivos fueron introducidos bajo su forma absoluta, en singular. Se conservó el plural cuando el sustantivo designaba a un grupo de individuos (por ejemplo: tlapahqué, tintoreros; huilococone : palominos...). Los plurales en –me  fueron conservados (acueyome, ilhuicame...). Los plurales transcritos <tí> fueron restablecidos en  –tin (tlàcotí[n], esclavos)
    • Los posesivos de 1ra, 2da y 3ra persona del singular o del plural (con o sin honorífico) fueron transformados en su forma absoluta, mediante unos corchetes. Así las formas normalizadas |pil[li]| y |piltzin[tli]| remiten a los enunciados <ó nopilhuane> "¡ea, hijos!"  y < <nopiltziné> "[perdonadme] ¡hijo!". Los sustantivos que están prefijados a la forma posesiva por medio del indefinido te- fueron conservados bajo esta forma (|tetlahtzin| "tío" = /te-tlahtzin/)
    • Los sufijos locativos que están obligatoriamente precedidos de un posesivo fueron precedidos del prefijo posesivo de la 3ra persona del singular (<notechcopa> à |itechcopa|) excepto cuando el autor proporciona el paradigma completo (por ejemplo: |noaxca|, |taxca|, |amaxca|…)

El Vocabulario manual nos proporciona numerosos ejemplos del carácter omnipredicativo del náhuatl. Los sustantivos que están provistos del prefijo sujeto fueron introducidos en el G.D.N. con el prefijo, sobre el mismo modelo que los verbos. De esta forma:

o        iztlacatl, n: mentir

o        nontli, ni: ser mudo

·         Verbos

o        Los verbos fueron introducidos en la forma del presente, mediante unos corchetes en los casos en los que la vocal final apocopa. Así, |ilhui[a], nic| remite al enunciado intla nechtemoquihui xiquilhui ca[ ]oc[ ]onia in nepa ahnoço nechca  "si viniere[n] a buscarme dezilde que fuy a tal, ó tal parte".

o        Los verbos están seguidos de sus prefijos actanciales (nic, nino, nitla, nite)

      • Cuando se encuentra el prefijo definido humano (como –nech o –mitz), la normalización se hace en  |nite|. Así,  |ilhuia, nite| es la forma normalizada de ahmo neltiliztli nechilhuia "no me dizen verdad".
      • En los casos en los cuales la forma reflexiva introduce obligatoriamente un sujeto de 3ra persona, no se separo el prefijo. De esta manera |monequi| no se analizó en |nequi, nino| cuando este aparece en un enunciado como tlein motech[ ]monequi "[¿]que has menester ?".

traducciones

  • Las palabras en náhuatl están seguidas de su traducción al español moderno
    • Los verbos están dados al infinitivo en español
    • Los plurales dados como traducción de un sustantivo náhuatl singular fueron conservados (caxitl "escudillas»; cocoliztli "enfermedades"...)
  • Las partículas gramaticales, que a menudo no están traducidas en el enunciado, fueron introducidas en la entrada léxico gramatical sin traducción. Son los contextos que nos permiten acceder a su sentido.
  • En los casos en los que la traducción no es literal, sobre todo si no corresponde a la categoría gramatical de la palabra, restablecimos la traducción literal entre comillas e hicimos que su traducción literal le prosiguiera. Por ejemplo:
    •  |patiuh[tli]| = "precio", cuesta, vale (|patiuh[tli]| es la forma normalizada de <ipatiuh> (quezqui ipatiuh in cenquahuácalli tlaolli "[¿]quãto vale una fanega de mays[ ?]")
    • la forma |pactica, ni| está dada con dos traducciones diferentes según aparezca en el marco de una locución o según que la hayamos desglosado nosotros:

§         |yeachi pactica, ni| = estar mejor

§         |pactica, ni|: "estar bien"

referencia bibliográfica

Arenas, Pedro de, Vocabulario manual de las Lenguas Castellanas y Mexicanas. En que se contienen las palabras, preguntas y respuestas más comunes y ordinarias que se suelen ofrecer en el trato y comunicación entre españoles e indios. En México, en la impresa de Henrico Martínez, 1611. Edición facsimilar, con un estudio introductorio de Ascesión H. de León-Portilla, Universidad Nacional Autónoma de México, 1982.

Arenas, Pedro, Guide de la conveersation en trois langues Français, Espagnol et Mexicain, traduction de Charles Romey, Paris, Maisonneuve et Cie, 1862, 72 p.

 

 



[1] On notera la différence entre les deux intitulés du chapitre 12 : Palabras que se suelen dezir, comprando, o vendiendo mercaderias vs. Palabras que comunmente se suelen dezir, en razon de estimar, o menospreciar alguna cosa

[2] Notaremos la diferencia entre los dos encabezados del capítulo 12: Palabras que se suelen dezir, comprando, o vendiendo mercaderias vs. Palabras que comunmente se suelen dezir, en razon de estimar, o menospreciar alguna cosa